SOMMAIRE

D'où vient le nom d'Auchy-les-Mines

Auchy aux temps lointains ( de la préhistoire au IXème siècle )

Auchy au temps des Contes de Flandres ( du Xème au XIIème siècle

Auchy au temps des seigneurs ( du XIIIème au XVIème siècle )

Auchy pendant la guerre franco-espagnole (XVIIIème siècle )

Auchy avant la révolution ( XIIIè siècle )

Auchy, modernisation et industrialisation ( XIXème siècle )

Auchy et les 2 grandes guerres (XXè Siècle)

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Quelques chiffres des recensements d'Auchy

En 1414 : 1er recensement. Il y a 16 feux (le coefficient étant de 5 âmes par feu),c'est-à-dire 93 habitants.

En 1469 : 34 feux,donc 198 habitants.

En 1570, 295 personnes en ce village.

En 1698, une autre donnée dénombre 356 habitants.

En 1709, avant d'être brûlé,Auchy compte 597 habitants résidant dans 166 maisons.

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Le marais d'Auchy

En 1709, on signale 200 mesures de marais, dont le propriétaire est la paroisse d'Auchy, qui relève en ce temps-là du Doyenné de La Bassée.

En 1759, d'après les cahiers des vingtièmes, le marais occupe 260 mesures, soit 100 hectares de terres incultes le long de la route royale 41. Le terrain appartient maintenant à la commune d'Auchy, mais les habitants de Haisnes y ont droit de pêche, le revenu de ce droit étant de 350 livres.

En 1779, le marais est divisé en parts, d'après un arrêté du roi, en date du 25 février. Le fossé des crêtes Lecomte qui permettait un certain écoulement des eaux est transformé en canal et plusieurs sources se déversent dans ce lit : Sainte Rictrude,la Rayere et la Planquette.

Toutes ces sources sont taries actuellement, mais ce n'était pas le cas jusque 1940. Plusieurs fois, elles ont rejailli et ont provoqué de sérieuses inondations. Coïncidence peut-être. En 1913 et 1939, à la veille des 2 guerres, ces inondations, pour les anciens, ont signalé la guerre prochaine... Les lieux dits actuels situent l'emplacement de ces sources. Les travaux miniers, les châteaux d'eau, beaucoup plus profonds, ont stabilisé ces débordements.

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Les chauffeurs du Nord

L'Artois et le Bas Pays sont parcourus, à la fin du XVIIIème siècle, par des malandrins sans foi ni loi, qui ont la particularité d'extorquer l'argent, l'or, les bijoux, en brûlant les plantes des pieds de leurs victimes. Tisonniers, fers rougis, parfois les pieds directement dans le feu...

Ces exactions sont rapportées au Consul qui prend lui-même l'affaire en mains et celle-ci sera menée de façon active, si bien que la bande est prise au complet et jugée. Plus de 30 délits à leur actif, aussi bien en Flandre belge que française et en Artois, la bande des Salambier, dont le chef est François Marie,regroupe gros et petits fauteurs, plus de 70 personnes. Le 2 septembre 1798, Salembier est arrêté, l'enquête révèle l'amplitude qu'a pris  cette organisation. Le dénouement de l'affaire aura lieu à Bruges, où 21 condamnations à mort sont requises, plusieurs peines à temps, et le reste des peines légères et des acquittements.

Pour les Alciaquois, un fils d'Auchy a trempé dans cette affaire : Salain Albert JH. , âgé de 49 ans, marchand de bestiaux, demeurant à La Bassée, né le 07/04/1752 à Auchy, de Antoine, laboureur et de Leclercq Catherine de Cuinchy. Celui-ci est relâché, sans être condamné, n'ayant fait que l'imprudence de donner des renseignements sur les lieux.

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Souvenir des vieux paîs d'Auchy :

Bertine d'mo d'esh Sonneu, ech' l'Artiste, ech Bossu, ech Cacheu, min Lache, ech Demon, ed l'Equelle, Léboulettes, Dedef, Célina Brin d'Ca, ech l'Oncque, Batisse ch'Coulonneux, Jus de Soupe,Fifinne Coucoule, Doby ech Teigneu, Crasselavette, Ku d'Oche, Fidèle min Quien, A l'Gayole, A mo d'ech Tailleur, Grimp a Lape, Gogo les Bas Bleus, Barbapou, Poupourte, Titine à l'Brique, Potin mes Quénèques, Matia Salé la Crotte à côté, Tintin la Chique...

Ech l'Avule = Aimé Graux Blessé de la guerre 14-18, une cessité absolue l'a séparé de la clarté du jour et du monde, il se réinsére dans la société en apprenant comme les aveugles, par le travail manuel, et il apprend le métier de fabricant de balais- brosses.

Coyo mes Lapins = Collier Celui-ci avait un barraquement provisoire très bas et très accessible pour les jeunots d'alors. Combien de fois ces lascars ont placé un seau sur le ballot de cheminée de son poële, ce qui le mettait en colère... Plusieurs garnements ont reçu des balles de sel dans le derrière !

Ech ti Curé = P. J. Devaux Célibataire, être d'une servabilité à toute épreuve, il se disait le père de tous les Alciaquois. Il ne reculait devant aucun sacrifice et faisait le sacrifice de sa personne pour le bien-être de tous les siens, comme il aimait à le dire.

Sidonie d'mo d'ech l'Aoqué : Cette dernière habitait en un lieu où il y avait eu un pendu (aoqué=accroché). Monsu = J. Carpentier, le fossoyeur du village, rude à la tâche. Qui ne l'a pas vu venir du cimetière, courbé en deux ?

Le ménage Carpentier- Fauquembergue était on ne peut pas aussi contradictoire : Jules enterrait les morts et Géromine mettait au monde. Celle-ci était l'accoucheuse d'Auchy...

Marinedoque Ce surnom vient de très loin, c'est le surnom donné à l'emplacement d'une auberge, datant de Louis XIV, l'Auberge de la Belle Marine, tenue par une fille du pays d'Oc, très belle et pas trop sauvage.

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Quelques expressions populaires :

Ché ni fait ni à faire ! Minteu comme un arracheu d'din (dentiste) ! Ié têtu comme eine bourrique ! Mergerlo comme ein sauret ! Ché ein vrai tatasse ! Sin guernié iéto plein d'vieuzeries ! Si t'n pont contin d't'in vojin, arcule tin pignon !

Té n'vo nin clair, artire tes quatzyeux !Ché comme cha qui parlottent ches rongueux d'oches, din les temps anciens !!!

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Le soldat A. Ducroquet sous Napoléon Ier

Le soldat Ambroise Ducroquet, entre autres bien sûr, entre au mois d'août 1800 au 8ème RA à Douai. Il a 20 ans, sous Bonaparte 1er consul. Ambroise part pour le camp de Boulogne. Puis, il se "fait" les campagnes de Prusse, d'Autriche et de Pologne. Il fait le siège de Dantzig en 1807 et revient en Prusse à la bataille de Borente sous le commandement du Capitaine Brutte. Il part de Wifbourg avec le Duc d'Abrantefte pour l'Espagne où il prend part successivement aux sièges d'Astoga, Guida, Rodrigo et Almeda, à la prise du Fort de la Conception, puis à la campagne du Portugal jusqu'à Lisbone pour revenir devant Salamanque où il est commandé par les Capitaines Lambert et Geneta.

On est en 1810... Après ces 10 années de service, étant l'un des 10 plus anciens de la compagnie, il part de Valladolid pour entrer dans la Garde Impériale. Car entre temps, le petit Consul, par la force des innombrables batailles et des bien plus innombrables morts, n'est rien moins devenu qu'Empereur. Cependant que ses soldats peuvent écrire du sol d'Espagne à leurs vieux parents leurs préoccupations alimentaires : "le pain vaut 6 sols la livre, la viande 10 sols, et la bouteille de vin, moitié celle de la France, 20 sols".

Ambroise Ducroquet, entré dans la 5ème batterie d'artillerie à cheval de la Garde commandée par le Capitaine Laporte, rejoint cette fois la retraite de Russie et il participe aux batailles de Lutzen, Bantzen, Dresde, Leipzig. C'est en 1813...

En 1814, Ambroise bat les Russes et les Prussiens à Montmirail. Puis la retraite finit par Mery-sur-Seine, Troyes et Fontainebleau.

Ambroise est licencié... et réincorporé au 8ème RA à Douai, d'où il est expédié sur Rennes, puis... rappelé dans la Garde à la rentrée de l'Empereur qui le conduit à... Wattrelos en 1815. Et cette fois, en 1815, le licenciement de ce compatriote, qui a accompli 15 ans de service militaire, est bien effectif quand on le libère à Versailles. Son congé définitif, délivré en exécution d'Ordonnace du Roi du 3 août 1815, porte cette mention, pour le moins pleine de discrétion : "Le nommé Ducroquet Pierre-Ambroise a obtenu de congé définitif, comme ayant 9 ans de service... et au delà."

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Le reliquaire du chef de Sainte Bonne

Ce reliquaire du XIVème siècle, conservé autrefois dans l'église d'Auchy, est aujourd'hui au musée archéologique de Lille.

Ayant la forme de boîte ovale supportée par 4 griffes, il est également composé d'un couvercle bombé. La Sainte, dont ce reliquaire contient le crâne, y est représentée debout, décapitée, et tenant sa tête entre les mains. Au dessus du cou sectionné apparaît une auréole, occupant la place du chef absent. Au côté droit de la Sainte, l'artiste a disposé une épée, la pointe en bas, ce qui souligne le genre de martyre qu'a enduré la Sainte.

Ce reliquaire contient encore une boîte crânienne fort bien conservée, mais sans vestiges de cachets ou d'authentiques. Cependant, les traces anciennes laissées par les aspérités de la parties inférieures de ce crâne sur l'oxyde qui recouvre le métal du fond reliquaire, aux endroits où il y a eu contact,porteraient à croire que ce chef est bien celui pour lequel cet objet a été fait.

Extérieurement, ce reliquaire est complètement doré. En certains endroits saillants du couvercle, cette belle et ancienne dorure a disparu,laissant à nu le cuivre qui, avec le temps, a pris une teinte brune. On supposerait volontiers que cette usure est due aux nombreux baisers des fidèles ayant honoré jadis la relique et aux frottements qu'ils provoquaient en faisant toucher divers objets de piété à cette châsse suivant une très ancienne coutume populaire, encore répandue de nos jours. (1921)

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Il y a 55 ans... Ignace Humblot

Le 9 juin 1942 disparaît Ignace Humblot, torturé à mort par les agents du régime collaborateur de Vichy et la police allemande.

C'est un de ses plus illustres enfants qu'Auchy perd alors : un de ces hommes héroïques, comme il s'en trouve quelquefois, dont l'action fut décisive pour combattre l'ennemi, pour libérer ses compatriotes du joug nazi, pour leur permettre d'espérer en des jours meilleurs...après la guerre.

Né le 8 avril 1903 à Auchy dans une famille de mineurs (son père travailla à la Fosse 8 d'Auchy), Ignace, dont la guerre 1914-1918 a déjà obscurci l'enfance et l'adolescence, travaille lui aussi à la mine, dès la guerre finie, et fait vite l'apprentissage de la vie : ses idéaux de justice, hérités de ses parents, le conduisent rapidement aux combats syndical et politique.

Il épouse Mireille Rosiaux le 21.03.1925 et tous deux tiennent, comme l'ont fait les parents d'Ignace, le café des sapeurs pompiers, dans l'actuelle rue I. Humblot.

En 1931, Mireille lui donne une fille, Jacqueline. La vie d'Ignace est donc partagée entre le travail au café aux côtés de Mireille, le travail à la mine, sa famille et ses activités militantes.

Le 26 mai 1934 se produit un événement dont les répercussions sur la vie d'Ignace seront décisives par la suite : victime d'un accident du travail, Ignace perd en effet un doigt à la main droite. Délégué mineur, il participe activement aux grèves lors du grand mouvement populaire de 1936 qui va aboutir à la conquête d'avantages sociaux fondamentaux comme les congés payés. Mais le combat syndical et politique n'est pas de tout repos : à plusieurs reprises, la garde mobile à cheval vient investir le café de Mireille et d'Ignace : intimidation, répression...

Si la vie politique bouillonne en France et voit le peuple français marquer des points contre le patronat, en Allemagne, par contre, montent progressivement, pendant ce temps, les idées nationalistes et racistes qui ont amené Hitler et sa barbarie fasciste au pouvoir. Leurs prétentions hégémoniques sur les autres peuples d'Europe amènent la guerre.

Ignace Humblot, comme tant d'autres en 1939, est mobilisé et envoyé à la frontière allemande. Les troupes françaises ne tiennent pas le choc. Ignace est fait prisonnier au milieu de l'année 1940 et envoyé au camp de détention de Compiègne, dans l'Oise. Quelques mois plus tard, grâce à des complicités, il s'évade du camp et rentre à Auchy-les-Mines, illégalement, avec tous les dangers que cela comporte.

Nous sommes en janvier 1941. Il est hébergé par l'un et par l'autre, dans la famille, chez les amis... Le café des sapeurs pompiers que continue bravement à tenir Mireille devient un lieu de rendez-vous clandestin pour les patriotes, les résistants, mais aussi un but de perquisition régulière de la part des autorités.

En février 1941, son activité, son dévouement et ses compétences le font nommer commandant pour l'organisation des comités d'ouvriers. Il mène à bien l'organisation de ces syndicats ouvriers clandestins et dirige près de 400 hommes dans le secteur Lens-Béthune. On imprime des tracts, des journaux, on les distribue la nuit. On discute, on explique, on encourage. Ignace, au petit matin, à l'entrée du carreau de fosse,attend ses camarades mineurs pour leur donner les consignes, puis disparaît. Jamais personne ne le trahira...

La révolte face à l'occupant allemand gronde et c'est enfin l'explosion : la grève des mineurs de mai-juin 1941 : les allemands y perdent 800 000 tonnes de charbon. Pour eux, c'est intolérable. Ils investissent les cités minières de la région et nombre de mineurs grévistes se retrouvent en prison pendant trois semaines. : le mouvement est brisé. Mais qu'importe ! Il vient d'être démontré que l'occupation n'est pas fatale. Il faut que la résignation fasse place à l'espoir et pour cela, il faut continuer à se battre ! C'est ce que fait Ignace Humblot devenu Paul Vasseur pour des raisons évidentes de sécurité.

En juin 1941, Charles Debarge, haut responsable régional de la Résistance, le nomme aux fonctions d'organisateur des FRancs Tireurs et Partisans Français (FTPF) avec le grade de commandant. Ignace est donc chargé d'organiser les premiers groupes armés du département et... d'agir ! Le travail de sape commence, patiemment, minutieusement : il faut harceler l'ennemi. L'action connaîtra quelques temps forts, avec le sabotage de la fosse 4 d'Ostricourt dans la nuit de Noël 1941, le sabotage des écluses de Bauvin-Provin fin décembre 1941, l'attaque des sentinelles allemandes au pont Césarine à Lens en avril 1942. Mais entre deux, bien sûr, il faut se procurer des armes, de gré ou de force, il faut récupérer des explosifs dans les mines, il faut trouver du ravitaillement... La lutte est de tous les instants, la bravoure quotidienne, le danger incessant.

Et ce qui devait arriver arriva. Le 1er mai 1942, au pont de Bully-les-Mines à Grenay, Paul Vasseur est interpellé par les gendarmes L..... de Bully et F....... de Lens. Son doigt manquant le trahit ! On tient enfin Ignace Humblot ! Transféré aussitôt à la gendarmerie de Lens, Ignace Humblot est questionné et torturé.  Questionné et abominablement roué de coups de chaîne par le dénommé F........ Mais Ignace ne parle pas, il ne trahira personne, ne dévoilera rien.

Mireille, sa femme, avertie de son arrestation, se rend aussitôt à Lens et déjouant la vigilance des gardes réussit à voir son mari quelques instants : à peine le reconnaît-elle ! Ignace, conscient de la situation, lui murmure un nom : F......., la supplie de faire disparaître les armes dissimulées au café et lui exprime un voeu, l'ultime : qu'elle prennent soin d'elle et des études de leur fille Jacqueline". Mireille ne reverra plus Ignace vivant.

Il est transféré à la prison de Cuincy, près de Douai, tenue par la Gestapo. Il sera de nouveau questionné, torturé, mis au secret. Et c'est là qu'il mourra le 9 juin .1942 des suites des blessures que lui ont infligées ses tortionnaires. Le gendarme L..... sera abattu par les patriotes et F....... sera jugé, condamné à mort par la cour de justice de Béthune et fusillé.

Ce n'est que fin 1945 que la dépouille d'Ignace Humblot sera rapatriée à Auchy-les-Mines où il repose. Son nom sera donné à la rue principale de la ville en 1945 et il sera nommé, plus tard, à titre posthume, au grade de Chevalier de la Légion d'Honneur. Sur le décret le faisant Chevalier de la Légion d'Honneur (décret signé Charles De Gaulle), on peut lire cette phrase : "Magnifique patriote, membre des Forces Française de l'Intérieur, arrêté pour faits de résistance le 1er mai 1942, a été interné jusqu'au 9 juin 1942, date à laquelle il est mort glorieusement pour la France".

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Jeanette PRIN 1907-1970

Le 6 avril 1970 décède accidentellement Jeannette Prin.

Jeannette était née à Auchy-les-Mines, le 8 juin 1907, dans une modeste famille d'ouvriers mineurs. Employée des Postes, elle épousa, le 4 juillet 1932, Gustave Prin, né lui aussi à Auchy-les-Mines et conseiller municipal socialiste. Les parents de Jeannette étaient des sympathisants communistes et la jeune femme partageait leur opinion. C'est dans la Résistance que Jeannette adhéra au parti communiste.

Fin juin 1940, elle entra, en qualité d'agent de liaison, dans le groupe formé dès la première heure de l'occupation par Ignace Humblot, délégué mineur, qui fut fusillé par les hitlériens.

En 1945, Jeannette se voit confier son premier mandat électoral : elle est adjointe au maire d'Auchy-les-Mines. Militante active, elle endosse bientôt des responsabilités départementales puis nationales. Jeannette Prin fut élue député du Pas-de-Calais en juin 1951 et réélue en janvier 1956. L'opposition du parti communiste au Général De Gaulle et à l'instauration du régime présidentiel de la Vème République lui firent perdre son siège en novembre 1958. Mais le courage finissant par payer, elle retrouva son mandat en 1962, puis en mars 1967 et enfin en juin 1968.

En octobre 1967, la population du canton de Lens la désigna pour la représenter au Conseil Général. A sa mort, son village natal, Auchy-les-Mines lui offre un ultime hommage auquel se joint une foule innombrable.

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Ancienne Poste.

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Nouvelle Poste.

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Place d'Auchy

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Rue Humblot

.Historique d'Auchy-les-Mines flèche - copie.JPG (9862 octets)  Paged'accueil flèche - copie.JPG (9862 octets)

Des temps préhistoriques à l'aube du XXIème siècle

vue aerienne du village
Photo : Mr Bavière André
D’où vient le nom d’Auchy-les-Mines ?

Deux traditions se complètent :

Selon les uns, Auchy viendrait d’un mot gallo-romain Alciacum – d’où le nom des habitants de la ville, les Alciaquois – voulant dire le Domaine Alcus. En effet, ce pays a été fondé lors de l’occupation romaine, sous César en 59-51 avant Jésus-Christ.

Le village a alors eu plusieurs dénominations au cours des siècles :

Alchiacum, Auchiacum, Aulchy, Auxy, Alcis en
1 103, Alchy en 1 125 et Auchy

Les noms en –iacus ont abouti en des noms en Y. C’est pourquoi le nom de ce terroir est aujourd’hui Auchy.

Selon d’autres, le nom d’Auchy dérivant d’un vieux mot gallo-romain exprimerait l’idée de situation élevée (du latin altus, qui a donné altitude). Ainsi, le village est bâti, notamment au sud (au Mont d’Auchy), sur un terrain légèrement surélevé (altitude 36 mètres) par rapport au Bas-Pays voisin. En effet, Auchy est proche de la plaine de la Lys qui se trouve aux abords de la plaine flamande également appelée Bas-Pays. La ville de La Bassée voisine Auchy au nord-est et confine à ces régions basses. Elle exprime d’ailleurs parfaitement par son nom même l’idée de situation plus basse. Relativement à ces territoires, Auchy représente donc, en revenant vers le sud, l’un des premiers villages d’altitude légèrement supérieure.

Distant seulement d’un kilomètre de La Bassée, Auchy, au long des siècles, a joint le nom de cette ville au sien et est donc devenu Auchy-lez-La Bassée. Après la guerre, les Conseillers Municipaux de l’époque ont voulu marquer leur indépendance par rapport à La Bassée. Le Conseil Municipal proposa l’appellation d’Auchy-Violaines, à cause de la halte du Chemin de Fer, mais ce nom fut refusé par le préfet. Le Conseil proposa alors Auchy-en-Gohelle mais cette appellation pouvait prêter à confusion. En 1925, le Conseil proposa trois nouveaux noms :

Auchy-le-Neuf puisque la commune, complètement rasée par la guerre, était nouvellement bâtie,

Auchy-le-Sacrifié, pour le motif que le Chemin de Fer n’avait pas voulu établir de gare sur son territoire mais à La Bassée,

Auchy-les-Mines à cause de la fosse 8 ouverte sur son territoire.

C’est cette dernière dénomination qui a été retenue par le Préfet en 1925, en accord avec les PTT et l’archiviste départemental.

Voilà comment, du domaine romain d’Alcus, nous sommes arrivés au nom actuel d’Auchy-les-Mines.

Voulez-vous, remontant le cours du temps, que nous retournions à l’éveil de ce petit coin de terre qu’est Auchy ?

Auchy aux temps lointains

(de la préhistoire au IXème siècle)

Au temps préhistorique, comme beaucoup de contrées à cette époque, la région a l’aspect d’une immense forêt à peine interrompue par quelques vallées fluviales, le plus souvent inondées par des étangs des plaines marécageuses et quelques éclaircies.

On peut trouver les premières traces du village au 1er siècle avant Jésus-Christ. Auchy se trouve alors dans l’une des quatre divisions gauloises ou celtes du pays des Atrebates, dont la capitale est Nemetacum (actuellement Arras).

L’occupation romaine change le mode de vie des ancêtres alciaquois, habitués jusque-là à vivre de pêche, de chasse et de maigres cultures. Les romains ont tracé leurs fameuses voies romaines : pour Auchy, celle de Arras-Lens-La Bassée-Estaires, vers Ypres. Et dans une région de passage vers le nord, le commerce devient florissant.

La population rurale ne s’organise pas encore en villages mais est répartie dans de nombreuses fermes isolées. Parmi celles-ci, le domaine Alciacum qui se trouve à l’emplacement du village actuel.

Au 4ème siècle, la paix romaine est troublée par les invasions des Germains, Vandales, Huns et Wisigoths. A cette époque, Saint Martin christianise le pays. On connaît l’histoire de son manteau partagé d’un coup d’épée pour le donner à un pauvre, cela se passait aux portes d’Amiens. Saint Martin est fêté le 11 novembre. L’église actuelle d’Auchy lui est dédiée, dédicacée comme l’on dit à l’époque, ce qui est à l’origine de la fête de la ducasse du 11 novembre, encore en vigueur aujourd’hui.

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La plus ancienne carte de la région, le tracé en bistre est le fossé des crêtes Lecomte.

Une tradition du XIIème siècle raconte qu’une chapelle a été bâtie à Auchy vers 711 par les Sarrazins (arabes musulmans). Vers 432, les Francs, venus de Germanie du Nord et conduits par Clovis chassent les Romains. Saint Vaast, chargé par Saint-Rémi d’enseigner le catéchisme à Clovis, reçoit vers 500 l’évêché d’Arras et restaure la religion chrétienne dans la région et donc à Auchy.

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La Flandre au IXème siècle

Au IXème siècle, à la fin du règne de Charlemagne, les invasions continuent et les Normands venus de Scandinavie, les fameux Vikings montés sur leurs drakars, envahissent l’Artois. Ils pillent, saccagent, mettent à feu, laissant, hélas, la place inculte et déserte.

Auchy au temps

des Comtes de Flandres

(du Xème au XIIème siècle)

De la fin du IXème siècle à la fin du XIIème siècle, la région est répartie en plusieurs circonscriptions administratives qui sont sous la domination des Comtes de Flandres. L’Artois est ainsi divisé en châtellenies (circonscription organisée autour d’un château fort du comte, à la fois centre administratif, militaire, judiciaire et économique).

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Le Comté de Flandre vers 1200

Le fief (du latin fordum, domaine) d’Auchy releve de la châtellenie de Lens.

Pour se protéger de pirates envahisseurs, la région se couvre progressivement de châteaux forts où se réfugient les paysans en cas d’attaques. En échange, ces derniers assurent la subsistance du seigneur et des hommes d’armes. Le domaine d’Auchy comporte un château qui sera rasé en 1709 sans qu’il en reste une pierre.

En 1188, une épidémie de peste, plus terrible que tant d’autres avant celle-ci fait rage dans toute la région. En cette période de désolation, de nombreuses confréries sont fondées dans les alentours de Béthune. Auchy a sa confrérie de Charitables qui est elle-même réunie à une Confrérie du Saint Sacrement plus ancienne.

A cette époque, l’église d’Auchy qui sera détruite lors de la guerre 1914-1918 s’édifie peu à peu. En 1122, le chœur existe déjà. On note de nombreuses références au culte de Sainte Appolline, vierge martyre d’Alexandrie (Egypte) morte en 249. Ce culte serait le fait du Comte Hugues d’Olhain, un des capitaines croisés qui s’emparent de Constantinople en 1202, ou d’un de ses compagnons revenus sains et saufs des croisades.Toujours est-il que le culte de cette sainte est fort ancien dans la paroisse. Une foule très dense vient vénérer ses reliques, si bien que lors du pèlerinage annuel, un homme est spécialement chargé d’allumer et d’entretenir les cierges offerts en l’honneur d la sainte. Ce pèlerinage et surtout les reliques disparaîtront pendant la Révolution de 1789.

Auchy au temps des seigneurs

(du XIIIème au XVIème siècle)

Au XIIIème siècle, un épouvantable fléau ravage le pays : la lèpre amenée d’Orient par les croisés.

Au XIVème siècle, Auchy est un village aux maisons éparses, couvertes de toits de chaume. Il n’y a pas d’industrie. Seuls le tissage de la toile à domicile et la culture de céréales, par la méthode de la jachère, fournissent quelques modestes ressources aux habitants.

Voici la guerre de Cent ans (XIVème-XVème siècle) entre la France et l’Angleterre. En 1356, Jean Le Bon, roi de France est fait prisonnier à Maupertuis (près de Poitiers) et tout le pays d’Artois (Auchy comme les autres) paie la rançon du roi.

Sous le règne de Louis X Le Hutin, roi de France de 1314 à 1326, commence l’émancipation des serfs. Dans un dénombrement de 1385, la seigneurie d’Auchy est possédée par Hanard de Noyelles. Elle passe à Gilles de Montigny, est ensuite achetée par Jean de Machot, est longtemps en possession de la maison de Guines de Bonnières et plus tard de la maison de Souatre. La seigneurie d’Auchy est également possédée par la maison de Béthune-Hesdigneul, car les habitants d’Auchy prétendent en 1461 que le seigneur Jean de Béthune est soumis comme eux aux charges imposées à la commune d’Auchy par les états d’Artois. Elle est ensuite revendue à Prud’homme d’Ailly, seigneur de Verquigneul, qui en reste maître jusqu’au XVIIIème siècle. A l’époque de 1789, la seigneurie d’Auchy appartient au marquis de Wavrin-Villers-au-Tertre. Son château, édifié après 1709, sera détruit à la Révolution de 1789.

Les années 1525-1526 voient une nouvelle épidémie de peste ravager toute la contrée d’Auchy. La région ne connaît pas la paix. La province est rachetée à la puissante Maison de Bourgogne. Pendant les siècles suivants, la région est un véritable champ de bataille où s’affrontent les Français (qui veulent entrer en possession de cette riche province) et les alliés (Autrichiens, Allemands, Anglais).

Sous la réforme protestante (vers 1550), les gens d’Artois, occupés par les Espagnols catholiques, mettent leurs forces en commun pour libérer l’Artois de la domination étrangère.

En 1560-1563 sont édifiés les nefs et le clocher de l’ancienne église saint-Martin.

Auchy pendant la guerre

franco-espagnole

(XVIIème siècle)

Durant la guerre franco-espagnole, le 20 avril 1642, après la prise de Lens par l’Espagnol Don Francisco de Mello, celui-ci vient mettre le siège devant La Bassée pour la reprendre au général français Charles, duc de la Meilleraye. Le front s’étend de Douvrin à Auchy. Et pour garantir de toute attaque par derrière, l’espagnol don Francisco fait creuser sur toute la ligne un large fossé bordé de parapets. Trois semaines plus tard, une armée française venue pour délivrer Lens s’élance au secours de La bassée. Lens ne sera libérée qu’en 1648. Le 13 mai 1642, La bassée se rend aux Espagnols après un siège héroïque au cours duquel les assaillants ont tiré plus de 12 000 coups de canon. Alors, le pillage, la panique et la misère s’étendent à tous les alentours, Auchy inclus. En 1648, le maréchal français Gassion reprend La Bassée aux Espagnols. Mais La Bassée étant considérée comme un fief très important, les dévastations organisées ne cessent pas. Hommes et bétails trouvent refuge dans les lieux sacrés de l’église.

Faut-il supposer de cette époque le dicton appelant les gens d’Auchy rongueux d’ochs et les habitants de La Bassée casseroleux avec leurs coups de canon ?

Pain noir, maisons de torchis, impôts abusifs, vêtements de fortune, absence d’hygiène et de chandelles… Rien d’étonnant à l’effrayante mortalité de l’époque.

Auchy avant la Révolution

(XVIIIème siècle)

Nous voici en 1707 : une garnison hollandaise s’installe à La Bassée et rançonne Auchy. Nouveaux pillages et ravages entre les camps adverses. Les habitants du village d’Auchy s’enfuient vers les villages voisins.

En 1709, en pleine guerre de succession d’Espagne sous Louis XIV, le maréchal français, Duc de Villars, pour mieux parer l’attaque du Duc de Marlborough (" Malbrouck s’en va en guerre ", commandant l’armée des pays Bas) et avoir une parfaite visibilité, fait raser toute la plaine environnante. Auchy voit 163 maisons et le château complètement détruits. Les bois aussi sont rasés. Il ne reste debout que l’église qui sert de poste d’observation et trois maisons où loge le corps de garde. Ces derniers vestiges diparaîtront durant la guerre 1914-1918. L’hiver 1709, pour comble de malheur, est terrible. En cet hiver, une maladie appelée suette emporte dans la seule province d’Artois 40 000 personnes.

Avec le temps, cependant, le courage et la tenacité des habitants viennent à bout de tant d’épreuves. Les habitants construisent des cabanes pour se loger. En 1720, un recensement annonce 356 habitants à Auchy. En 1721, les Etats d’Artois allouent une somme d’argent à la commune d’Auchy-lez-La Bassée " en considération des pertes subies en 1708 "…

A cette époque à Auchy, on voit sourdre quelques sources aujourd’hui taries : la fontaine Sainte Rictrude, la fontaine du Marais, la Planquette qui traverse la route royale 41 avant de se jeter dans un marais profond (lit du canal actuel).

En 1779, le territoire d’Auchy est entre les mains de 108 propriétaires. Les plus gros propriétaires sont des membres de l’abbaye d’Avesnes-les-Arras, des descendants de familles nobles, et quelques familles bourgeoises enrichies. De nombreux petits cultivateurs ne possèdent que quelques ares de terre dont la culture les fait vivre.

L’église s’est construite peu à peu. Le chœur et l’autel ont été rénovés en 1560, à l’époque où les trois nefs ont été édifiées. Le clocher a été terminé en 1563 et la cloche bénite en 1789.

On lit sur cette cloche : " L’an 1789, ici était bénite et nommée Marie-Françoise… " A l’intérieur de l’église, le mobilier est à lui seul un trésor de sulptures : maître-autel, chaire, confessionaux, et lambris sont en bois artistement travaillé. Les fonds baptismaux sont en grès…

En 1793, Auchy a 734 habitants.

Au début de la Révolution, il n’y a pas de faits importants dans l’arrondissement. Pendant l’année 1792, de nombreuses réquisitions frappent les paysans. L’église est cependant respectée. Il n’y a pas de ravages matériels sur le village même. Seul un petit château qui appartient au marquis de Wavrin, Villers au Tertre, est détruit.

Auchy, pour son compte au recensement de 1793 annonce 734 habitants. La réorganisation, faite par la loi de 28 pluviose, an 8, comprend le canton de Cambrin avec 17 communes dont Auchy-les-La Bassée.

Auchy, modernisation

et industrialisation

(XIXème siècle)

Sous le 1er Empire et Napoléon, la loi de Conscription va peser lourdement sur le pays. Fort probablement, Auchy perd quelques uns de ses fils sur les chemins d’Austerlitz, Iéna, La Bérésina, Lutzen, Bautzen, Leipzig…

En ce début de XIXème siècle, les chauffes-pieds ou chauffards du Nord, brigands tristement célèbres terrorisent la région. Leur chef, petit François, est finalement arrêté et exécuté sous Napoléon. Sa maîtresse était la fille d’un cabaretier de Béthune.

Au cours de l’an 11, un nouveau recensement permet un dénombrement de 871 habitants à Auchy.

En 1820, un projet de canal d’aire à La bassée s’élabore. Il fera partie de la grande ligne de jonction de la Mer du Nord à la Méditerranée.

En 1827, une épidémie de choléra sévit dans la région, faisant de nombreux ravages.

En 1836, un recensement annonce 1 071 habitants.

Un plan datant de 1832 permet de connaître les nombreux chemins du Vieil Auchy. On y trouve les noms de rue suivants : Grande Rue, Petite Rue, Chemin des Curés, Ruelle de Dieu, Rue Pinchon, rue de la Basse Boulogne, Chemin des Quarante…

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Plan du centre ville d'Auchy terminé le 15 août 1832.

Vers 1870, après la loi sur l’instruction gratuite, on voit trois classes de garçons et deux de filles. M. Gustave Descamps sera instituteur à Auchy durant plus de 50 ans. Ses élèves parvenus à d’enviables situations ne se comptent plus.

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Ecole des filles d'Auchy-lez-La Bassée.

A partir de 1850, voici l’époque du charbon qui va bouleverser complètement le paysage et les mœurs. L’arrondissement de béthune connaît un développement extraordinaire de l’industrie. De 1850 à 1900, Auchy s’industrialise : canal vers 1850, chemin de fer en 1854, mine en 1893. (voir la partie consacrée à Auchy et la mine)

En 1854, le passage du premier train à Auchy sur la voie Lille-La Bassée-Violaines-Béthune bouleverse la commune d’Auchy. On l’avait annoncé d’avance évidemment. Les habitants commentaient cette future inauguration sans la moindre aménité (gentillesse). Cet engin infernal crachant une fumée de mort allait anéantir, disait-on, les récoltes et les santés. Au jour J, les habitants d’Auchy, armés de faux, de gourdins, s’avancent menaçant vers le monstre à abattre. Mais le monstre passe dédaigneux, suant, soufflant, crachant poussières et postillons. Les héros reculent devant la masse de fonte et d’acier… Mais la nuit, ils reviennent et déboulonnent, puis enlèvent les rails. La police doit les rappeler à l’ordre. Les ancêtres se sont donc adaptés par force, puis par habitude au progrès.

En 1856, on note l’itinéraire d’un jeune d’Auchy. Ovnac, appelé pour faire son service militaire, reçoit sa feuille de route lui enjoignant de se rendre à Marseille d’où il partira pour l’Afrique du Nord accomplir ses 7 ans de service militaire. Ovnac part et couvre à pieds les quelque mille kilomètres qui séparent Auchy à Marseille…

En 1862 est inaugurée Friquette (locomotive), qui, la première, emprunte la voie ferrée des Mines, de Violaines à Bully (via Auchy) et en 1886, la voie ferrée La Bassée-Violaines à Lens (via Auchy).

En 1891, le président de la République, Sadi Carnot, venant de Lens où il a fait une visite officielle, passe dans un train spécial en Halte de Auchy-Violaines. Il passe sous les ovations et l’éclatement des pétards. Longtemps, la rue principale d’Auchy s’appellera rue Sadi Carnot en souvenir de ce passage.

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Rue Sadi Carnot à Auchy-lez-La Bassée

Nous voici en 1893 qui voit la mise en exploitation à Auchy de la Fosse 8. La région n’étant guère riche en industrie d’autres sortes, la population augmente toujours, attirée par le travail dans les mines. En cette année 1893, la Fosse 8 est à peine mise en exploitation qu’une grève éclate. Les mineurs obtiennent satisfaction. Mais à Auchy, leur délégué mineur est licencié. La Fosse 8 sera exploitée jusqu’en 1961, mis à part l’interruption de la guerre 1914 à 1922. Le terril de la Fosse 8 disparaîtra vers 1969, en majeure partie pour servir de base à la Construction de l’autoroute Lille-Dunkerque.

Cette année 1893 voit aussi la naissance de la jeunesse musicale d’Auchy-lez-La Bassée.

Auchy et les 2 grandes guerres

(XXème siècle)

Au début du XXème siècle, un château et un domaine appartenant à la famille Bosquerre-Descamps occupe tout le terrain de l’actuelle Cité d’Auchy à Violaines (dite Cité de Violaines) près de la route nationale. Cette famille est aussi propriétaire d’une distillerie à l’emplacement actuel de l’entreprise Ardivin. Un pensionnat est ouvert au château. Plus tard, le domaine est vendu à la Compagnie de Béthune qui construit à sa place, après la guerre 1914-1918, 50 logements pour les travailleurs du " Rivage ".

En ce temps-là à Auchy, plusieurs habitants qui se sentent une âme d’archéologue entreprennent des fouilles derrière l’ancien presbytère. Les résultats s’avèrent positifs. Un puits est mis à jour. Les chercheurs trouvent l’accès d’anciennes oubliettes et aussi des poteries et des pièces de monnaie. Auchy, on s’en souvient, a longtemps été sous la domination des Comtes de Flandres. Et les Comtes, entre autres droits, possédaient celui de battre monnaie. Cependant, les travaux sont arrêtés, le puits comblé, les résultats trop maigres ne justifiant pas la dépense. Et on oublie les oubliettes !

En septembre 1911, Marie-Françoise qui carillonait pour Auchy depuis 122 ans (bénite en 1789) donne des signes de lassitude. Un beau jour de l’été finissant, en pleine euphorie d’un matin de fête, alors qu’elle sonne allègrement pour le mariage de Charles Loison et Berthe Trinel, la bonne cloche, soudain perd le LA de sa voix. Pour lui rendre son timbre, on fond Marie-françoise et la coule à nouveau. En octobre, elle est rebaptisée avec tous les honneurs.

En 1913, le Rivage de Violaines, expédiant plus de 700 000 tonnes de trafic, est le 4ème port du Pas-de-Calais.

En 1914, il y un nouveau recensement qui donne 2 910 habitants contre 1 375 en 1870.

Durant l’été 1914, le 2 août, Marie-Françoise sonne le glas : la Belgique et le nord de la France sont envahis par les Allemands, dès le début de ce que l’on appellera la Grande Guerre. Le 3 octobre, Auchy et ses environs sont occupés par les Allemands et se trouvent donc sur le front. C’est l’exode pour une grande partie de la population qui veut se mettre à l’abri. Tous les jours, il y a des incendies, des bâtiments s’effondrent, des gens meurent. En avril 1915, la vie devient intenable sous les bombardements quotidiens. Le reste de la population est définitivement évacué. Les derniers toits restés debouts tombent. L’église, le cimetière, le cense des Briques… achèvent d’être démolis avec le reste. Le puits de la Fosse 8 est aussi occupé par les Allemands pendant toute la durée des hostilités. En 1918, deux vastes entonnoirs occupent la place des deux puits remplis d’eau. Et il y a le 11 novembre 1918 : l’Armistice. Mais notre Marie-Françoise ne le sonne pas, elle a été enlevée par les Allemands en 1916 des ruines de l’église. La joie de la libération est dans tous les cœurs mais la douleur et les deuils assombrissent pourtant ce soulagement immense, car Auchy dénombre bientôt ses morts : 127 victimes (22 civiles et 105 militaires).

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La mairie du village après la 2de guerre mondiale

Les exilés reviennent et vont peu à peu déblayer les ruines et rebâtir. Ce n’est que progressivement que les terrains sont de nouveau cultivés. Des barraquements provisoires s’élèvent : l’église, la poste, les écoles, la mairie, tout cela regroupé sur la place. En 1921, le 1er recensement d’après-guerre donne 1 199 habitants contre 2 910 en 1914. Tout le monde n’est pas encore rentré.

En 1922, le puits n°8 est restauré. Les années 1922-1923 voient arriver dans la région des familles polonaises dont beaucoup ont déjà transité par l’Allemagne en quête de travail et qui viennent d’être embauchées par les Compagnies Minières.

En 1922, tous les bâtiments publics construits en bois et une grande partie des habitations privées en barraquement sont remplacés par des édifices en briques. L’église doit encore attendre quelques temps.

En 1925, Auchy-lez-La Bassée devient Auchy-les-Mines.

Le 12 septembre 1926 a lieu la bénédiction de la première pierre de la future église : la voûte aura 15 mètres de haut et le coq du clocher sera à 37 mètres de hauteur. Le 6 mai 1928, a enfin lieu l’inauguration de la nouvelle église Saint Martin : banderolles, oriflammes, drapeaux, procession… Le 2 octobre 1932 : inauguration des orgues de l’église, c’est la seule église du doyenné de Wingles à posséder des orgues actuellement.

Le 21 novembre 1926 est la fête de l’inauguration du Monument aux Morts.

Le rencensement de 1936 donne 3 329 habitants à Auchy.

C’est au maire Louis Holle (maire de 1925 à 1941) qu’Auchy doit son marché hebdomadaire le samedi matin depuis le 31 avril 1934.

Le 2 septembre 1939, Marie-Françoise Thérèse de l’Enfant Jésus, qui a succédé à la cloche Maire Thérèse, sonne le tocsin. La guerre encore. Les fils, les pères et les époux partent. C’est la drôle de guerre qui fait 26 victimes à Auchy (9 civiles, 9 militaires, 6 fusillées, 2 déportés). Le 20 mai 1940, l’ordre d’évacuation est donné aux administrations et à la population. Le 23 mai 1940, un détachement d’Allemands s’engouffrent dans les rues de la ville. Il leur faut du pain, du vin et des lits. Les alliés, eux, sont à La Bassée avec l’église pour observatoire. Les bombardements et les ripostes envoient les habitants dans les caves de jour et de nuit. En mai, c’est l’église de La Bassée qui s’effondre en partie. Avec l’armistice, la population voit arriver l’occupant allemand. Appel du 18 juin 1940, débarquement en Afrique des Français et la résistance clandestine en France avec ses arrestations et ses fusillés (Ignace Humblot, Marceau Gloriant et tant d’autre…)… Débarquement en Normandie le 6 juin 1944. Septembre 1944, les troupes alliées approchent d’Auchy. Les Allemands fuient, laissant encore derrière eux de nombreuses victimes. Le mardi 8 mai 1945, Marie-Françoise Thérèse sonne l’alleluia de la Victoire, une victoire chèrement acquise une fois encore.

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La Libération d'Auchy-les-Mines se fait le 2 septembre 1944.

En 1946, Auchy retrouve son visage de cité laborieuse. Le mouvement démographique continue de suivre une pente ascendante. Auchy annonce, en 1946, 3 336 habitants.

La Compagnie de Béthune, devenue entre temps le Groupe de Béthune, n’a plus assez de logements pour son personnel et met parfois deux ménages dans le même maison. Elle construit de nouveaux barraquements près de la Cité 8.

En 1946, les femmes votent pour la première fois. 1947 est marqué par une grève des mineurs. 1951 est assombri par l’explosion de la poudrière d’Haisnes qui comptera des Alciaquois parmi les victimes. 1953 sera marqué par une nouvelle grève des mineurs.

1954 voit le recensement d’Auchy annoncer 3 630 habitants.

De 1954 à 1962, c’est la guerre d’Algérie. Des jeunes chrétiens d’Auchy éditent La Bafouille du Trouffion pour rester en lien avec les jeunes appelés dans cette guerre.

De 1955 à 1959, la centrale électrique de Violaines se construit.

En 1957, 500 kg de peinture sont nécessaires pour repeindre l’intérieur de l’église.

De 1961 à 1972, toutes les fosses d’extraction de charbon du Groupe de Béthune ferment progressivement. La Fosse 8 ferme en premier en 1962. Les mineurs doivent aller travailler dans d’autres fosses. Avant la fermeture, c’est environ 600 hommes qui assuraient la bonne marche du puits. Sa profondeur atteignait 367 mètres. Le terril est rasé vers 1969. C’est un total de 7 922 000 tonnes de charbon qui ont été extraites depuis l’ouverture.

1963 est marqué par une nouvelle grève de mineurs, 1968 par les grèves nationales.

En 1974, le recensement annonce une baisse de population : Auchy compte 3 785 habitants contre 3 989 en 1968.

Les années suivantes voient l’ouverture du Collège d’Enseignement Secondaire intercommunal Joliot Curie et de l’école maternelle des Pâquerettes, la construction d’un nouveau château d’eau à Haisnes, l’ouverture de nouvelles cités…

En 1993, un nouvel Hôtel des Postes est construit sur la place. Une Zone d’Activités Légères est créée en collaboration avec la ville de Haisnes.

 
L’année 1993 est également celle du centenaire de la Jeunesse Musicale, forte de 120 sociétaires.

Auchy, ville marquée par la récession des mines, reste néanmoins vivante et confiante en son avenir.

Aujourd'hui...

 

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Remerciements à toutes les personnes qui ont fourni les documents nécessaires à la réalisation de ce site,

notamment : Mr Cuvelier Michel pour le bulletin municipal

et Mr .................... pour le bulletin paroissial " Regard"


ainsi qu'à Laure Maniez qui a réalisé un travail remarquable sur cette étude d'Auchy.